Sécurité, Indépendance, et digitalisation des transactions transfrontalières: la nouvelle donne des Datarooms Franco-Allemandes

14. Janvier 2020 | Drooms France

2019 fut une année charnière en termes de sécurité, d'indépendance et de digitalisation des transactions transfrontalières européennes, notamment en ce qui concerne le développement d'un partenariat franco-allemand. Lors d'un petit-déjeuner d'information sur les fusions et acquisitions organisé par la Chambre de commerce et d'industrie franco-allemande (AHK) dans les bureaux parisiens de Grant Thornton LLP le 15 novembre, Drooms a partagé des informations sur les transactions digitales entre l'Allemagne et la France et les derniers développements du marché.


De l’indépendance numérique

Les prestataires de services européens prennent la confidentialité des clients très au sérieux, en respectant strictement la législation européenne en matière de protection des données personnelles. Lorsque des données sont stockées dans l'UE (où un niveau uniforme de protection des données est appliqué), aucune autre garantie n'est nécessaire. Le règlement général sur la protection des données (RGPD) est directement applicable aux 28 États membres de l'Union européenne depuis le 25 mai 2018.

Alors que les audits sur un autre continent peuvent être plus difficiles à contrôler à distance, il est tout aussi difficile d'obtenir les mêmes garanties dans un pays moins réglementé, comme la Russie ou la Chine. Cependant, la situation a également changé aux États-Unis, pays pionnier de la révolution numérique. Ce changement a affecté les fournisseurs de services cloud américains et leurs filiales basées dans l'UE. En fait, le CLOUD ACT, promulgué le 23 mars 2018, permet aux agences américaines d'information et de renseignement d'obtenir des données détenues par des fournisseurs de services cloud situés aux États-Unis et à l'étranger. En outre, l'article 2 de la loi précise qu'un tel partage d'informations peut être motivé par la seule volonté de «sauvegarder l'ordre public». Enfin, le PATRIOT ACT 2001 a été prorogé par l'administration Trump le 15 août 2019 pour autoriser la NSA à augmenter surveillance des données stockées sans devoir faire valoir un motif particulier nécessitant cette surveillance.

Il y a donc une réelle demande d’une troisième voie, à laquelle l’Europe en général et le couple franco-allemand en particulier ont apporté une réponse durant l’année écoulée. Cette nouvelle donne franco-allemande répond a un besoin stratégique d’indépendance numérique tout comme l’aéronautique fut un secteur stratégique dans les années 1970.

Ainsi, le nouvel Airbus des données sensibles a vu le jour en Juin 2019 entre Drooms et Oodrive. Drooms, basée à Francfort, évolue sur le marché des datarooms virtuelles et a gagné la confiance des plus grands groupes comme Deloitte, KPMG, Morgan Stanley, PwC, JP Morgan, et UBS, ainsi que de nombreuses PME. Oodrive, basé à Paris, est le spécialiste des solutions hautement sécurisées de collaboration et de signature électronique, répond aux plus hautes exigences et certifications européennes en matière de traitement des données sensibles.

Symbole de cette nouvelle donne, ce partenariat stratégique conclu entre ces deux spécialistes de la donnée sensible repose sur un ADN commun et une complémentarité en matière d’expertise et de réseau de vente, notamment géographique. À ce titre, les partenaires prévoient un détachement de membres de leurs équipes afin d’assurer la coordination de leurs activités commerciales.

 

Digitalisation: des différences culturelles d’utilisation

Comparaison des utilisations de Dataroom entre France et Allemagne:

Un nombre plus élevé de pages dans les projets Francais peut laisser supposer une documentation plus complète, fruit d’une meilleure préparation et d’un niveau préalable de transparence accrue. À l’inverse, on constate une plus grande réticence à montrer les documents-clés en début de négociations du côté germanique, la mise à disposition de ces derniers étant culturellement percue non comme un gage de bonne foi préalable au bon déroulement des discussions, mais comme un levier de négociations à révéler progressivement, en fonction de la sériosité de l’interlocuteur. Il est à noter que ces différences peuvent aboutir à de vrais malentendus, eux-mêmes pouvant même faire échouer purement et simplement une transaction (source: Footbridge).

                                                                                                                                                 

Autre différence majeures dans l’utilisation de VDR, probablement résultant d’une divergence de valeur culturelle: les délais. En effet, du côté allemand, une deadline est faite pour être respectée sans exception. De l’autre côté du Rhin, il existe un plus grande acceptation de retard possible, si cela augmente la qualité de la documentation fournie pour les acquéreurs. La flexibilité dans le temps est plus grande pour les Francais car une deadline est associée au bouclage finale d’une transaction à quelques jours près, là où le respect du calendrier est un gage de confiance et de sérieux pour les profesionnels Allemands.

 
Cela se reflète dans les extensions de durée de Dataroom qui sont plus importantes pour les VDRs Francaises.  Cette plus faible propension à l’extension des VDRs reflète aussi peut-être une meilleur plannification de fin de la transaction outre-Rhin (source : AHK conférence).

Digitalisation et Intelligence Artificielle

Les avantages de l’IA pour les transactions sont nombreux: réduction potentielle des frais de gestion, augmentation significative de l‘efficacité, réduction du gaspillage de ressources, pression concurrentielle. Les défis dans une transaction M&A sont légions :  volume considérable d’informations à réviser, analyser et gérer ; acheteurs potentiels répartis dans le monde entier et travaillant dans des langues différentes ; nombre important d’utilisateurs de la dataroom impliqués dans la transaction souhaitant poser des questions nécessitant un retour.

L’année 2019 a vu certains développements qui rendent l’utilisation de l’IA concrètement utiles. Tout d’abord, les outils de traduction automatique intégrés pour une réduction de temps et coûts associés aux transactions transfrontalières sont désormais de leur niveau optimal d’utilisation, les algorithmes ayant analysé suffisamment de données pour atteindre une maturité certaine. De plus, la technologie de Natural language processing (NLP) analyse des fichiers sous différents formats pour en extraire les informations pertinentes facilitant l’évaluation et l’optimisation des processus. Issus de cette technologie, les Findings automatisés facilitent l’évaluation des risques potentiels et opportunités : l'algorithme du Findings Manager filtre le contenu de la dataroom et attribue automatiquement un niveau de pertinence aux mots recherchés, synonymes et autres séquences de recherche. Cette fonction permet de définir et de quantifier des risques potentiels et des opportunités spécifiques à un projet, apportant un avantage de rapidité essentiel pour les professionnels des transactions. Ensuite, L’IA permet un Q&A intuitif pour maximiser l’efficience de la coordination des processus pour toutes les parties impliquées.

Enfin, il y a l’archivage par Blockchain. Source de tous les fantasmes, il convient de se demander en premier lieu qui l'utilise et pourquoi? Microsoft et EY collaborent pour faciliter le processus de paiement des redevances aux propriétaires légitimes des droits d'auteur et font évoluer vos possibilités de générer des revenus en ligne. JP Morgan, HSBC, Bank of America Merrill Lynch utilisent la blockchain pour effectuer des paiements internationaux et des transactions plus rapidement, avec des coûts induits de facto réduits, et avec une sécurité renforcée. En ce qui concerne l’archivage de données, Drooms est le premier fournisseur de dataroom virtuelle à mettre la technologie blockchain au service des transactions immobilières, des fusions et acquisitions. Drooms remplace l'archivage traditionnel, sous forme de DVD, CD, USB et disques durs, par des datarooms sécurisées et validées par la blockchain pendant la phase de garantie légale des transactions. La dataroom peut être réactivée à tout moment, dans l'état de son archivage initial, et vérifiée par rapport à un enregistrement de blockchain unique. Ce processus garantit l'authenticité et les contenus de l'archivage de la dataroom. Finis les soucis liés aux DVD et aux données perdues.

 

Conclusion

D’un côté les thématiques d‘indépendance et de sécurité ont été impactées suite aux changement politiques et économiques majeurs de l’année écoulée. Cette dernière a vu l’émergence d’une nouvelle donne franco-allemande pour répondre aux besoins d‘indépendance et de confidentialité du monde de la gestion des données sensibles et des transactions. De l’autre côté, les usages et les évolutions récentes de la digitalisation reflètent que cette dernière a dépassé les balbutiements du début des années 2000. Il existe désormais des technologies suffisamment développées pour pouvoir utiliser l’IA dans des tâches basiques, loin de tout fantasme futuriste. Nous disposons même de suffisamment recul par rapport aux débuts de la digitalisation des transactions pour pouvoir à présent observer des différences culturelles dans les usages de la digitalisation entre pays transfrontaliers comme la France et l‘Allemagne, signe qu’un cap à été franchi dans la digitalisation du secteur: la période des grands débuts est bel et bien révolué. Est-ce à dire pour autant que 2020 sera “l’âge de raison” de la digitalisation transactionnelle? C’est une possibilité, à la condition que ses acteurs prennent toute la mesure des défis qui se posent à eux en termes de sécurité et d’indépendance numériques.