Les six mythes les plus répandus sur l'intelligence artificielle

04. Décembre 2019

L'adoption croissante de l'intelligence artificielle a généré un battage publicitaire important qui, sans surprise, a conduit à des malentendus sur la technologie elle-même, mais aussi sur ses capacités réelles. Analysons les six mythes les plus courants de l'IA.


L'intelligence artificielle (IA) a le potentiel de générer beaucoup de valeur pour les entreprises et la société en général. Des voitures et des véhicules sans chauffeur sont mis à l'essai, des systèmes de traduction en temps réel sont de plus en plus disponibles et des technologies intelligentes font leur apparition dans nos foyers et contribuent à réduire les coûts des services publics. Tout au long de la journée, la plupart d'entre nous interagissent maintenant avec une ou autre forme d'IA.

Malheureusement étant donné sa nature complexe, les idées fausses sur les capacités de l'IA, ou ses lacunes, sont très répandues. Nous vous présentons ci-dessous six mythes très courants.

No. 1 : L'intelligence artificielle est 100% objective.

Dans tous les domaines utilisateurs d’une technologie basée sur l’IA, les données sont reines. Les règles et la contribution d'experts humains sont également nécessaires à son adoption et à son utilisation appropriée. La question des influences fait alors souvent surface à ce stade. Comme dans d'autres domaines, la prise de décision humaine peut être imparfaite, façonnée par de fausses idées sociétales ou individuelles souvent inconscientes.

Dans un tel contexte, l'introduction de monopoles d'IA pourrait devenir de plus en plus problématique. Si vous avez un simple système d'IA opérationnel, cela présuppose que vous pouvez créer des écosystèmes entiers basés sur des préjugés. La disponibilité d'une gamme diversifiée de solutions technologiques, ainsi que leur variété en termes d’implémentation et d'utilisation des outils d'IA, joue un rôle primordial.

No. 2 : L'intelligence artificielle remplacera tous les emplois.

L'idée que l’IA puisse dominer totalement le marché du travail est un autre mythe peu ou pas fondé. Bien qu'il soit évident que la technologie puisse transformer des environnements professionnels et automatiser des tâches fastidieuses et chronophages, il est peu probable que l'IA remplace complètement les humains. La capacité de contrôler, d'analyser et de gérer de grands ensembles de données permet également de supporter des tâches plus complexes. Par exemple, l'IA peut être utilisée dans le secteur médical pour détecter des maladies..

Cependant, ce n'est pas parce que l'IA modifiera des profils d'emploi que l'intelligence humaine deviendra redondante. Au contraire, notre rôle de surveillance couvrant de nombreux systèmes utilisés deviendra de plus en plus important, surtout compte tenu des risques d'influence déjà mentionnés.

No. 3 : L'intelligence artificielle simule déjà des fonctions cognitives avancées

Le mythe selon lequel l’IA constitue déjà un système cognitif avancé capable de simuler la pensée humaine vient en grande partie d'Hollywood et à des superproductions cinématographiques comme « The Matrix ». Les modèles cognitifs super intelligents qui imitent les processus de la pensée humaine ne sont pas aussi avancés qu'on pourrait le croire. De nombreux experts de premier plan ont exposé les dangers de certains développements de l'IA, comme l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt. L’homme d’affaires a fait part de ses préoccupations, face aux nouveaux positionnements de la Russie et la Chine comme superpuissances.

Il n'est cependant pas difficile d'imaginer un monde propulsé par l'essor de l'informatique cognitive.

No. 4 : Les algorithmes IA et AA sont faciles à réutiliser.

Les investissements dans les algorithmes de l'IA et de l'apprentissage automatique (AA) augmentent rapidement. Leur développement a tellement progressé qu'il a fait naître l'hypothèse qu'un algorithme optimisé pour une seule tâche pourrait être directement réutilisé dans d'autres rôles. Contrairement à cette idée fausse malheureusement trop répandue, la réapplication n'est pas aussi simple qu'on pourrait le supposer.

Bien que les algorithmes d'apprentissage automatique aient été réutilisés dans certaines situations, des interventions humaines directes ont toujours été nécessaires. Par exemple, si le programme de Google AlphaGo DeepMind a réussi à battre un des meilleurs professionnels sud-coréens du Go, son appareil photo IA a nécessité une formation rigoureuse par des photographes professionnels. Cela dit, l'IA multi-rôle présente un potentiel réel à long terme.

No. 5 : Tout le monde utilise l'intelligence artificielle.

L'IA est l'un des termes les plus galvaudés de cette décennie. Une étude réalisée cette année par MMC, société de capital-risque basée à Londres, a révélé que 40% des start-ups classées comme « sociétés européennes d'intelligence artificielle » n'utilisent pas réellement l'IA et profitent simplement du battage publicitaire. Cette étude a interrogé 2 830 start-ups d'IA dans 13 pays de l'UE. Les grands fournisseurs peuvent être tout aussi coupables, beaucoup d'entre eux sous-traitant souvent la totalité de ce domaine à une autre entreprise.

Bien que les entreprises commercialisent ouvertement leur utilisation de l'IA, la majorité d'entre elles utilisent en fait des logiciels d'apprentissage automatique. L'AA est l'un des sous-domaines de l'IA, qui combine des techniques mathématiques pour permettre à un système ou à une machine de développer des dérivations de données extraites d'une base de données sous-jacente. Les techniques de l’AA incluent l'apprentissage supervisé et non-supervisé.

No. 6 : L'intelligence artificielle n'est pas au cœur de la stratégie commerciale

Étant donné la nature transformatrice de l’IA, les entreprises devraient être en mesure de déterminer son incidence potentielle sur leurs activités. C'est pourquoi la mise en œuvre de l'IA devrait être une initiative stratégique, et non pas un simple additif. Il est donc essentiel de poursuivre les recherches sur l’IA, de comprendre ses applications professionnelles, pour être capable de prendre des décisions informées sur son utilisation, lorsqu’elle est judicieuse.