Insolvabilité dans le commerce de détail en Europe – Quel est le problème?

02. Octobre 2020 | Drooms Global


Depuis quelque temps l’avenir du secteur de la vente au détail s’est assombri, freiné par l'impact à long terme de la numérisation et les tiraillements entre activités hors ligne et connecté.

Le confinement provoqué par le coronavirus a ralenti l’activité économique, et les jeunes consommateurs développent des habitudes d'achat en ligne qui perdureront bien au-delà du COVID-19. Comme les cabines d'essayage restent pour la plupart fermées, il n'est guère surprenant que la motivation de faire les magasins diminue.

Pour certains détaillants qui portent un regard critique vers l'avenir, la gestion du processus d'insolvabilité et de restructuration devient de plus en plus un outil envisageable.

 

Un secteur en difficulté, et des comportements d'achat en pleine évolution

 

En 2019, le taux de croissance des dépenses a atteint son plus bas niveau depuis 2010. Moody's avait alors suggéré qu'en 2020 le secteur continuerait sur cette trajectoire lente pendant 12 à 18 mois. Néanmoins, son rapport publié fin 2019 prévoyait une légère croissance des ventes en ligne.

D'importants événements géopolitiques ont également eu un impact sur le secteur européen de la vente au détail. Le plus influent d'entre eux étant le Brexit, qui laisse déferler de fortes incertitudes sur le marché, notamment au Royaume-Uni. Ce qui n'a pourtant pas empêché les analystes de manifester un optimisme prudent au début de l'année 2020.  D'après les analyses du groupe de réflexion (RTT) KPMG/Ipsos pour 2020, la « fin de la paralysie politique » et un « rebond de la confiance des consommateurs » devenaient de réelles possibilités.

Au cours des dix dernières années, l'espace de vente au détail a clairement subi les effets croissants de la nouvelle technologie, de la numérisation, et de l'évolution du comportement des clients. Dans son analyse du secteur européen de la vente au détail, Deloitte a mis en évidence trois facteurs clés :

 

  • Appel à la durabilité : les consommateurs sont de plus en plus conscients de l'environnement et des conséquences de leur propre comportement. Les entreprises doivent proposer davantage d'alternatives et des solutions durables pour susciter l'intérêt des consommateurs.

 

  • Poursuite de la numérisation : les consommateurs se tournent également vers le commerce en ligne, où leur expérience d'achat bénéficie d'une personnalisation croissante. Les expériences numériques prennent de l'importance, même dans les boutiques, et gagneront probablement du terrain avec l'introduction généralisée des réseaux 5G dans toute l'Europe.

 

  • Une consommation plus lucide : l'évolution des attitudes des consommateurs et la recherche de sens viennent se combiner aux deux facteurs ci-dessus. Le commerce de détail doit offrir une expérience plus authentique et définir sa mission en tant que marque pour attirer les consommateurs et répondre à leurs valeurs dans le monde moderne.

 

Multiplication des faillites

 

La croissance ralentie se traduit par des restructurations en chaîne et dans certains cas, un certain nombre de faillites.

Les procédures d'insolvabilité dans le commerce de détail ont atteint leur plus haut niveau depuis cinq ans, selon les données de RPC, soit 1 252 cas recensés en 2019. De même, les études Allianz sur l'insolvabilité à l'échelle mondiale prévoient qu'en 2020, l'espace européen du commerce de détail subira un effondrement notable, en particulier dans certains pays comme l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne enregistrant des cas d'insolvabilité supérieurs à la moyenne. Les cas déjà connus à ce jour incluent :

 

Galeri Karstadt Kaufhof

 

L'un des plus grands magasins d'Europe a demandé à bénéficier d'une procédure de protection en 2020, malgré l'aide de l'État accordée pendant la pandémie du coronavirus.

 

Debenhams

 

En avril 2020, pour se protéger de ses créanciers, le grand magasin britannique est passé sous administration judiciaire pour la deuxième fois en douze mois. Sa direction a déjà fermé 22 magasins, notamment à Hong Kong et au Bangladesh, et en fermera d'autres d'ici 2021.

 

Victoria’s Secret

 

La filiale britannique du détaillant américain est passée sous administration judiciaire en juin 2020. L'entreprise rechercherait une solution de réorganisation en réduisant ses coûts, avec la possibilité d'un nouveau propriétaire.

 

Monsoon Accessorize

 

Le distributeur britannique a demandé l'ouverture d'une procédure d'insolvabilité en Allemagne en 2019. On pense que les problèmes du groupe Monsoon étaient en grande partie liés à l'évolution du comportement des consommateurs. En juin, Monsoon Accessorize a obtenu la protection de l'administration judiciaire britannique, attribuant ses problèmes à la pandémie du COVID-19.

 

D'autres procédures d'insolvabilité à l'horizon

 

D'après, Stefan Gendth, président de l'Association allemande du commerce de détail, il est possible que  50 000 détaillants allemands, soit un sur six,  ouvrent une procédure d'insolvabilité avant la fin de l'année. Au Royaume-Uni, les experts s'attendent à des résultats assez similaires. Selon le Centre for Retail Research (CRR), jusqu'à 20 000 magasins pourraient fermer définitivement leurs portes, soit 16 000 de plus qu'en 2019. Mais l'horizon n'est pas totalement bouché. D'après Eurostat data, en juin 2020, le total des ventes au détail européennes a retrouvé 99,7 % du volume atteint en février.

Les obstacles potentiels à la croissance incluent :

 

  • Une baisse de la confiance et de l'intérêt des clients : même si les restrictions sont levées, des inquiétudes subsistent concernant l'impact des règles de distanciation sociale sur la confiance des clients et les ventes. Les réactions à long terme des consommateurs restent un facteur décisif impossible à prévoir à ce jour.

 

  • Les coûts d'entretien des magasins : les coûts des magasins physiques et la baisse de la fréquentation constituent l'un des grands problèmes des détaillants. Avec l'augmentation du coût de la location et de la propriété, de nombreux détaillants auront du mal à couvrir leurs dépenses dans ces domaines.

 

  • Le manque de financement disponible : jusqu'à présent, les gouvernements européens ont soutenu l'économie nationale avec des subventions et des prêts, mais beaucoup d’entre eux estiment que les dernières mesures ne sont pas suffisantes, alors que d'autres insistent sur les risques d'un endettement supplémentaire.

 

D'après LearnBonds, les perturbations causées par la pandémie pourrait faire perdre jusqu'à plus de 4 milliards de dollars aux détaillants européens. Par contre, les détaillants capables de créer une plateforme commerciale numérique pourraient générer des bénéfices importants. Alors que des millions d'Européens restent chez eux pour ralentir la propagation du COVID-19, un nombre croissant d'entreprises adoptent des solutions de paiements sans numéraire et des comptes en ligne. Une enquête Ipsos a récemment révélé que les achats en ligne des consommateurs italiens ont augmenté de plus de 30 % en mars et avril par rapport à février. Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne viennent ensuite, avec une progression de
18 %, 16 % et 12 % respectivement.

 

Restructuration des entreprises sous administration

 

Il est peu probable que la situation s'améliore beaucoup avant la fin de l'année, car les détaillants subissent tous les effets de la pandémie.

La gestion d'une procédure d'insolvabilité et d'une réorganisation peut être à la fois complexe et difficile. Les entreprises en difficulté qui demandent des mesures de protection doivent respecter des règles strictes sur le partage des informations. La divulgation appropriée et rapide d'importants volumes de données aux différentes parties d'une transaction, liquidation ou réorganisation est une phase indispensable pour assurer sa réussite. Dans ce cas, le recours à une dataroom virtuelle est le plus souvent une excellente solution par son efficacité et sa facilité. Avec une dataroom virtuelle Drooms, les détaillants peuvent définir et exécuter les processus de due diligence et créer un système d'accès organisé et sécurisé à une documentation complète. Grâce à leur dataroom virtuelle, les parties combinent plusieurs avantages clés :

  • Accès flexible à la documentation
  • Indexation correcte des données
  • Attribution automatique des documents
  • Facilité de recherche
  • Amélioration des rapports
  • Foire aux questions centralisée

Avec un accès optimisé aux données, les parties limitent les risques, réduisent les coûts et gèrent une situation délicate avec efficacité et rigueur.